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Ce que j’ai écrit là, je ne l’ai jamais fait lire à qui que se soit, c’est ces lettres qui m’ont permis de continuer, d’avancer. Prenez le temps de les lire jusqu’au bout, et s’il vous plait ne me jugez pas. Merci.

Mon projet ( 30 mai 2004)
Fouad m’a promis qu’il me mettrais enceinte à 15 ans ½. Il m’a promis, c’est à dire que j’accoucherais à 16 ans.
Comme papa et maman se séparent, je ne pourrais plus vivre une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre, pour le bébé ce ne serait pas bien. Alors je leur proposerait de me marier avec mon chéri pour que je puisse aller chez lui, ils seront obligés d’accepter, ils n’auront pas d’autres solutions puisque si je ne me marie pas avec Fouad, il ne pourra pas reconnaître le bébé car dans sa religion c’est interdit les enfants hors mariage. Ils seront obligés. Pour l’argent je sais pas je me débrouillerais bien, il doit quand même y avoir un poste de caissière ou un truc du genre à Petit Bard, ou alors serveuse, oui là, c’est sur il doit y en avoir.

Jeudi 8 Juillet 2004
Comme je n’arrive à parler de ça avec personne et que j’ai quand même besoin d’en parler, de l’exterioriser, je l’écrit.
Le 29 Juin dernier, j’ai fait ce que je m’était jurée de ne jamais faire. Je m’était promis à moi-même que jamais au grand Dieu jamais je ne ferait une telle chose, et pourtant, je l’ai faite. Mon rêve à brusquement changé en mon cauchemard le plus horrible. J’ai l’impression d’être seule respnsable de cela, ce qui me donne encore un peu plus de mal à tout suporter.
Moi qui depuis toujours rêvais de devenir maman le plus tôt possible, au moment ou ce rêve se réalisait, au moment ou tout était devenu pour moi que bonheur et joie, ou tout était rose, mon pire cauchemard est arrivé, j’ai dû faire un choix, soit garder mon enfant, mon bébé et que mon rêve le plus grand se réalise, soit garder mon chéri, la personne qui en ce moment compte le plus pour moi.
Je ne pouvais pas garder les deux car mon chéri étant majeur et en situation irrégulière et moi ayant moins de 15 ans, c’était obligé que si je gardais le bébé il y allait avoir une enquète et que l’on retrouverait le père et qu’on l’expulserait.
J’avais donc le choix entre le bébé et mon chéri. Mon chéri l’a remporté. Je suis devenue une meurtrière, j’ai transformé mon rêve en cauchemard.
Personne n’arrive à comprendre à quel point je suis mal, je fait comme si il ne s’était rien passé, je n’ai pas le droit d’en parler sur demande de ma mère car elle a peur que ça se sache, elle a donc honte de ce qui c’est passé, elle a honte de moi.
Moi aussi j’ai honte de moi, mais pas pour les mêmes raisons, j’ai honte de moi car je suis indigne de vivre, je n’en ai plus le droit, car j’ai délibérément tuer un bébé sans défense qui ne demandait qu’à vivre. Je suis une tueuse. Je ne pourrais jamais oublier ce que j’ai fait, des choses comme ça, ça ne s’oublit jamais, même quand on essaye. Maintenant, pour me faire pardonner de l’avoir tué, je ne peux rien faire, encore on m’aurais obligé, mais là non, j’avais le choix et j’ai décidé de tuer. Je suis indigne de vivre.

Mardi 1° Janvier 2005
Cela fait maintenant plus de 6 mois que j’ai avorté. Si je l’avais gardé, mon ventre serait rond et peut-être même que je le sentirais bouger. Je lui aurait fait écouter les musiques que j’aime, son papa aurait mis son oreille sur mon ventre et aurait dit: « Je l’entend, ça fait plein de gargouillis! » Mais ça ce n’aurait été que si je ne l’avais pas tué. Je dit tué non pas parceque je considère un amas de cellules comme un etre humain mais parceque j’ai tué ce que ces cellules représentaient…un petit homme. Peut être que si je l’avais garder, il serait devenu quelqu’un d’important, même président!!! Mais j’ai empêchais cela. Beaucoup diront que c’est mieux comme ça, qu’il aurait était triste avec une maman trop jeune et un papa absent, ceux là n’ont rien compris. Ils ne comprennent pas que tout aurait pu bien se passer, il aurait peut- être été heureux, peut-être pas, c‘est vrai, mais qui peut assurer à l’enfant qu’il porte en soi une enfance belle et prospère: personne. Mais tout le monde essaye, et c’est ça le plus important.
Pour une fille, je dit une fille car je ne me considère pas comme une adulte, encore moins comme une maman, c’est horrible de se dire: «  J’ai empêchait la vie, je l’aie délibérément arrêtée. » A toutes les mères, imaginez un peu si vous aviez avorté, et que donc l’enfant qui est là, à coté de vous, votre chaire, votre sang, n’ai jamais vu le jour. Difficile? Non, impossible. Et maintenant, essayez de vous souvenir comment c’était quand vous étiez enceintes. Je vous imagine vous demandant comment vous alliez décorer sa chambre, s’il ressemblera plus à papa ou à maman, et, la question, est-ce que se sera une fille ou un garçon? Maintenant coupez le fil, arrêtez tout d’un coup ce rêve, essayez d’imaginez ce que vous auriez ressenties si on vous avez annoncé que pour des raisons x vous ne pouvez pas garder cet enfant, ce rêve, cette vie future…..Et que des imbécils, pour vous remonter le moral vous disent que c’est mieux comme ça, que de toutes façons le bébé n’aurait pas était heureux. Pourtant, vous êtes mères, là, et votre enfant est le plus heureux des enfants…..Vous comprenez à quel point je haï les personnes qui, ne réfléchissant pas, vous remontent le moral en vous descendant encore plus.
Ce que j’ai fait, je ne le considère plus comme un crime, comme je le fesait avant, du moins pas comme un crime proprement dit. Je considère seulement que j’ai empêché à  un enfant de naitre, de connaître le bonheur, et, même si le bonheur n’avait pas été au rendez-vous, j’aurais permis à cet enfant de vivre, ce qui est tout de même, le plus grand des privilèges.
J’ai ressentis cet avortement comme si on m’empêchait d’être mère, comme si on m’en refusait le droit. Peut-être pour de bonnes raisons, je ne le saurais jamais.
Ce qui me fait le plus de mal, c’est que j’ai réessayé, cette fois ci volontairement, d’être enceinte: sans succès. Ce mois ci, c’est le deuxième mois que j’ai arrêté la pilule. Deux fois que ça n’ a pas marché, deux fois que j’ai eu très mal au cœur, deux fois que le rêve qui renaissait en moi avait été détruit, deux autres fois qu’on me refusait d’être mère. Pourtant, à un moment, j’y ai cru, mes règles n’arrivaient pas, 4 jours de retard, j’étais sure qu’enfin je touchais au but, mais je suis brutalement redescandue sur terre, une analyse médicale indicait: négatif. Nouveau gros coup dur, 4° fois que mon rêve se brisait. Très dur. Beaucoup de larmes ont coulées, beaucoup de douleurs….et surtout une question qui commence à pointer son nez: et si j’étais stérile? Horreur. Désespoir, Week-end terrible. Pas faim. Pas dormir. Une seule solution pour ne pas partir en dépression: oublier. Par lacheté, surement, mais c’est le seul moyen. J’avais déjà commencé à utiliser cette méthode qui s’était révélée efficace. Deux jours se sont écoulés, j’y pensait pas, j’avais même réussis à commencer à me mettre dans la tête que cet avortement, c’était un cauchemard, il n’avait existé que dans mon esprit.
Malheureusement, ce soir, je suis tombée sur cette lettre, écrite seulement 9 jours après l’intervention. Tout reviens d’un coup comme un flash back: les derniers moments passés avec mon enfant dans mon ventre à l’ hopital, le moment ou on est venu me chercher, derniers pleurs. Puis le réveil avec cette impression de vide à l’intérieur de moi. Puis ce mardi 7 décembre ou l’on m’annonce par téléphone que je ne suis pas enceinte, puis le lendemain où ces régles maintenant tant redoutées sont arrivées. Nouveau saut, samedi 1° janvier 2005, l’année commence bien, mes premières régles de l’ années sonnent comme une claque. Puis cette semaine du jeudi 20 au jeudi 27 où ma joie a été à son comble quand le retard de règles était à quatre jours, puis effondrement quand après avoir fait une prise de sang le mercredi 26, j’apprend par téléphone que je ne suis pas enceinte. Un unique espoir subsiste: la prise de sang n’est pas fiable à 100%, mais ce résultat est confirmé par l’arrivée, le lendemain, de mes règles. Enorme coup que je reçoit en pleine figure et me fait très mal, pourtant je persiste: je vais réusir à oublier, tout ce qui c’est passé est un cauchemard, un horrible cauchemard.

Vendredi 29 Juillet 2005
Cela fait plusieurs mois depuis la dernière fois que j’ ai écris.
A ce moment là, je ne me doutais pas que je n’avais pas encore vécu le pire, peut-être que je ne l’ai pas encore vécu mais ce qui m’est arrivé il y a trois mois pourrais trés bien l’être, le pire.
15 Février je tombe enceinte mais je ne le sais pas encore.
Samedi 5 Mars retard de règles de plus de 1 semaine. Prise de sang.
Lundi 7 mars, résultat de la prise de sang: positif. Suivent 1 mois de bonheur.
Dimanche 10 Avril au soir: 1° pertes de sang à presque deux mois de grossesse. Début de la descante en enfer.
Lundi 11 Avril: rendez-vous gynéco, diagnostique: tout est normal, les pertes de sang durant la grossesse ça peut arriver.
Mardi 12 Avril: 2° pertes de sang à 10h le matin. Infirmerie du lycée, maman vient, urgences, diagnostique: fausse couche. Je touche presque le fond. Le soir même Fouad vient me voir, essaye de me réconforter mais inutil je n’ écoute rien, je souffre trop, il repart en m’ayant promis de toujours être là pour moi et m’ayant juré que si je le voulais, on recomencerait. Ces mots coulent sur moi, je suis seule et il n’ arrive pas a m’atteindre. Ce soir là je reçois un message vocal de Fouad ou il me fait sa plus belle déclaration d’amour et ou il m’avoue qu’il souffre aussi. Ce message me permet de pleurer enfin, pleurer ma tristesse, pleurer mon désespoir. Durant trois jours, je pleur et j’angoisse car je ne sais pas ce qui va se passer, il y a toujours en moi quelque chose qui va devoir sortir mais je ne sais ni quand ni comment. Je me noie, je coule, j’ai peur, je me sent seule dans mon désespoir, j’ai peur de ne pas m’en sortir.
Vendredi 15 Avril: Je fait ma fausse couche. Ca fait très mal, tant au ventre qu’au cœur. Mon enfant par dans les cabinets. Je touche définitivement le fond.
Lundi 18 Avril. Urgences gynécologiques. Tout est bien parti. PARTI.
Moi qui croyais ne pas pouvoir descandre plus bas, je me rend compte que si, maintenant je m’enfonce dans mon désepoir. J’arrive plus à manger, je sors plus, je parle plus, je ne souris plus. Je pleur, je ne fait que ça.
Vendredi 29 Juillet. Ca fait plus de trois mois que je fait comme si tout allait bien mais je me noie.
Dernière issue : l’oubli.
Tout ça n’ est qu’un cauchemard, un horrible cauchemard, le pire des cauchemard, un CAUCHEMARD. Tout ça ne m’ est jamais arrivé. JAMAIS.

Mardi 1° Novembre 2005
Je viens de relire ces lettres que je n’ avais plus touchées depuis la dernière fois que j’ ai écrit. Ca fait mal, un mal mentale tellement fort qu’ il me faut plusieur mois pour m’ en remettre, c’ est pour ça que je ne lis pas souvent ces lettres. Ca fait bizarre de relire ça, j’ ai l’ impression que ce n’ est pas moi qui ai écrit, ça veut dire que mon système fonctionne, l’ oubli est une bonne issue mais j’ ai tellement peur que ça refasse surface dans les moments où je ne vais pas bien, et justement en ce moment ça ne vas pas bien. Depuis début septembre j’ ai emménagée avec Fouad avec qui je me suis mariée le 6 Mai dernier. Tout va bien. Non c’ est faux. J’ ai l’ impression que je suis responsable de tout. C’est quoi tout? Je sais pas, c’est tout.
Je suis responsable de faire de la peine à mon petit frêre que je ne vois pas assez. Petit frêre je t’aime, je suis fière de toi, tellement fière, excuse moi de ne pas être toujours à tes cotés, tu me manques, je pense toujours à toi, que Dieu te protège, tu es bon, tu es juste. Je t’ aiderais du mieux que je peux sur la bonne voie, je t’ apprendrais tout ce que tu veux savoir, je ferais de toi un des meilleur musulmans, inch’ Allah….
Maman, excuse moi de ne plus être aussi complice avec toi qu’avant, excuse moi de ne pas être plus présente pour toi, je t’ en pris, excuse moi de tout. Je t’ aime, je t’ adore, tu es tout pour moi et je te doit tout, si tu savais comme ça me fait mal de te laisser chaque semaine, et si tu savais comme j’ ai envie de me jetter dans tes bras et que tu me rassures comme quand j’ était encore une enfant…
Papa toi aussi tu me manques, même si je t’ en veux de ne jamais nous acvoir montrer ton amour. Je sais que tu nous aimes, et je t’ aime aussi, je ne te l’ ai jamais dit, je sais mais tu ne m’ en as jamais laissé la possibilité de te le dire. Papa je te doit la vie, comme à Maman, je vous en serait éternellement reconaissante….
Fouad excuse moi de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur, mais là j’ y arrive plus, je vais tout lacher, excuse moi de ne pas réussir à te donner un enfant. Je t’ aime, tu le sais.
Je m’ excuse aussi à tout ceux qui ne peuvent pas comprendre mon attitude mais elle reflète ma vie, toujours en train de se contredire, toujours en train de changer, toujours pleins de déchirements, de douleur que je dois cacher pour ne pas faire plus de mal à ceux à qui j’en fait déjà.
Pardon aussi à mon enfant, pardon de t’ avoir empêché de vivre, même si je sais que ce que j’ai fait est impardonnable, essai de me comprendre de là où tu es car j’ espère que tu es au paradis, inch’ Allah….
Et pour finir, pardon à la Jessica que j’était avant, pardon de t’avoir transformée en meurtrière, et maintenant en épave, en âme délabrée qui se cache sous de faux déguisements.
Pardon, je ne demande que ça, pardon. Je plonge. Au secours, mais il n’y a personne qui m’entende. Je suis seule. Seule dans mon désespoir. Je suis comme un château de cartes, un coup de ven et tout s’effondre, et il faut tellement de temps pour tout reconstruire. Je tombe dans un puit sans fin où les paroies sont lisses où je n’ai aucune chance de m’agriper pour ne pas continuer à plonger. Adieu, je meur de l’interieur, je meur de douleur et de tristesse. Je meur de souffrance. Aidez-moi mais il n’y a personne.
Heureusement j’ai une issue à qui je dois tout, c’est la religion musulmane, une lueur d’espoir dans laquelle je veux croire. Merci Allah, merci de m’aider, Tu m’a permis de ne pas sombrer, à moi maintenant de remonter à force de prières et de demandes. Tu m’as aidée quand je n’avais plus de force, Tu m’as aidée et guidée. Merci. Je vais essayer de ne pas Te décevoir. Pardon. Encore et toujours pardon. Pardon pour ma négligeance dans les prières, pardon d’avoir douté de Toi. Pardon. Aides-moi, Tu es le seul à pouvoir le faire car Tu es le seul à savoir. Tout.

Mardi 27 Décembre 2005
Deux mois se sont écoulés depuis ma dernière lettre. Ces deux mois ont été relativement positif, grâce a la religion, j’arrive à garder la tête hors de l’eau mais je n’arrive pas encore à en sortir.
Un seul point noir, un seul gouffre lors de ces deux mois, une date, le 8 Novembre. Cette date reste et restera toujours une date qui me fait mal, comme le 29 Juin et le 15 Avril… 8 Novembre, c’est à cette date que j’aurais dû accoucher si tout c’était bien passé…
Maintenant j’arrive à parler de ça plus serainement car mon système fonctionne: quand je parle de l’IVG ou de la fausse couche, j’ai l’impression de parler de quelqu’un d’autre, les souvenirs que j’avais disparaissent peu à peu ou sont si flous que je ne sais plus si ça s’est réellement passé.
Je ne suis pas sure que se soit un bon système car défois la nuit, tout me reviens en tête, tout les moindres petits détails et la je sombre, je passe le retse de la nuit à pleurer, mais en me cachant de Fouad car je dois être forte pour lui. Mais ce système est le seul qui me permette de ne pas me noyer.

Samedi 17 Mars 2007
Plus d’un an s’est écoulé depuis la dernière fois et cette fois-ci c’est un an de bonheur à l’état pur.
Six mois après la fausse-couche, j’ai arrêter la pilule. 3 fois j’ai vu avec une immense tristesse du sang sur ma serviette. Avec tristesse mais avec soulagement aussi, j’ai tellement peur que ça se passe mal…
Mais ce Lundi 27 Février va marquer un tournant dans cette tristesse. Test pharmacie à 8 heures le matin: positif! J’y crois pas, direction mon médecin, prise de sang: positif! Enfin je suis heureuse…heureuse mais angoissée, comment ça va se terminer cette fois-ci?
Annonce au futur papa: explosion de joie, mais il ne comprend pas mon angoisse…
3° mois, écho: le p’tit bout est en parfaite santé, tout va pour le mieux! Enfin je suis libérée de cette angoisse qui m’étouffait, enfin je ris aux éclats avec mon cœur. Suivent 6 mois de bonheur intense, puis un super accouchement avec toujours à mes cotés depuis le début mon chéri, Fouad. Et enfin le voilà, ce trésor tant attendu et tant espéré. Enfin ce rêve se réalise. Tout me reviens en mémoire, IVG, fausse-couche, règles…mais je suis seraine, j’y pense calmement, ça ne fait plus mal, mon enfant est sur mon ventre, plus rien ne peux me détruire, plus rien de mon passé ne pourra plus jamais me faire du mal. J’ai un sentiment de plénitude, de bonheur intense que rien ne pourra jamais venir entaché. J’ai pour la première fois de ma vie se sentiment que je suis entière, que enfin je suis moi. Aujourd’hui, 5 Novembre 2006 à 4 heures 26 du matin,Bilal est né. On me le pose sur le ventre. C’est un merveilleux petit garçon. Fouad et moi ne pouvons plus rien dire, nous sommes submergés de bonheur. Enfin, enfin. Merci, j’ai envie d’embrasser la terre entière, je suis HEUREUSE, je vis un rêve, c’est magique.
Notre ange à maintenant 4 mois ½ et nous ne nous lassons pas de jouer, de babiller, de le regarder comme si chaque seconde nous était comptée.
Bilal, il faut que tu saches que tu es un merveilleux cadeau de Dieu, tu es la concrétisation d’un amour intense. Ton papa est quelqu’un de formidable qui ne m’a jamais laissée tombée, il a toujours était là, quoi qu’il arrive, dans les bons et mauvais moments. C’est quelqu’un de merveilleux, que j’aime énormément. Tu peux être fière de lui comme il est fière de toi.
Je t’aime petit ange, tu es mon trésor, ma merveille, tu es la preuve qu’il ne faut jamais baisser les bras, et que le bonheur fini toujours par arriver. Tu es à toi seul une merveilleuse histoire d’amour ou se mêle tristesse, désespoir, joie et amour. Tu es le symbol vivant de notre amour.
Il ne faut jamais perdre espoir malgrès les épreuves de la vie.

Samedi 9 Juin 2007

Depuis la dernière lettre, rien a changé. Je nage en plein bonheur. Bilal est un petit garçon merveilleux, il a un sacré appétit, ce qui lui vaut un adorable petit bidou en avant que je ne me lasse pas d’embrasser. Il a maintenant 7 mois, se tiens assis tout seul, mange légumes et fruits avec délice et ris aux éclats quand je lui fait des bisoux dans le cou. Bref, pour résumer, c’est le paradis sur terre, un rêve merveilleux.
Pourtant, si, il s’est passé quelque chose de difficile que je prend maintenant de manière plus détendue. Lors de la visite du 4° mois chez le pédiatre, j’ai insisté sur le fait que Bilal avait les yeux mal coordonnés et qu’à 4 mois il n’attrape pas les objets qu’on lui tend; du moins il vise toujours soit devant soit derrière. La pédiatre regarde et me rassure en me disant que cela viens sûrement d’un petit retard de croissance des muscles de l’œil, et que le strabisme chez les tout petits est très courant quant au fait qu’il n’attrape pas encore les objets, ce n’est pas inquiètant, 4 mois c’est une moyenne mais chaque enfant doit aller à son rythme. Mais devant mon inquiètude, elle me dit de prendre rendez-vous chez un ophtalmo pour que je sois rassurée. Je rentre chez moi et je décide de tenter une expérience pour vérifier que les yeux de Bilal voient bien. Je lui met une compresse stérile ( celles que j’utilise pour lui laver les yeux) devant l’œil gauche et là il se met à gesticuler dans tout les sens, il râle et ne semble pas me voir lorsque je me met devant son œil droit. De plus en plus inquiète je lui retir la compresse, il se calme immédiatement. Je la lui met sur l’œil droit, aucune réaction, il continu à me regarder, il me souri comme si de rien était. J’angoisse vraiment. Je prend immédiatement un rendez-vous chez l’ophtalmo le plus vite possible. Le soir même j’en parle à Fouad, on refait l’expérience, mêmes résultats. Maintenant on angoisse à deux. Quelque jours plus tard, chez l’ophtalmo, mes craintes se révèlent bien fondées. Il détecte un problème important à l’œil droit: papille blanche et nerf optique atrophique. Je ne comprend pas. Il m’explique que Bilal est sûrement myope et que les rares images qu’il voit ont de fortes chances de ne pas arriver jusqu’au cerveau. Bref, il est aveugle de l’œil droit. Je m’effondre en pleurs, mon bout de chou dans les bras. Et là, pour couronner le tout, l’ophtalmo m’annonce qu’il faut que je me rende en urgence à l’hopital pour faire des tests plus approfondis afin de déterminer quelle est la cause. Je sors et j’appel Fouad, je lui explique ce qui se passe. Il quitte immédiatement le travail pour venir avec nous à l’hopital. A partir de là tout s’enchaine, à l’hopital, on refait les mêmes tests à Bilal, tout ceux qui l’oscultent sembles inquiets mais on ne nous dit rien. On nous dit seulement qu’il va falloir que Bilal fasse une IRM. Pourquoi? pour déterminer la cause, voir si c’est congénital ou pas. Et si c’est congénital? on ne pourrat rien faire. Et si c’est autre chose? Il faudra l’opérer. Dans mon esprit cela signifie que si c’est congénital, Bilal restera aveugle de l’œil droit et si c’est autre chose, on pourra faire quelque chose, vu qu’il faudra l’opérer. J’espère donc que se soit « autre chose ». On nous donne rendez-vous le lendemain pour voir un anésthésiste. On repare enfin, Bilal est crevé de cette journée, il n’à qu’une envie, dormir. Arrivé à l’apparte, je le couche tout de suite et je fait tout pour qu’il se repose le maximum car le lendemain risque d’être aussi fatiguant pour lui.
Le rendez-vous avec l’anésthésiste se passe bien, il m’explique qu’on va regarder dans le cerveau de Bilal grâce à des ondes, mais que je ne pourrais pas rester à coté de lui. Il me dit aussi que vu qu’on va l’endormir, il faudra qu’il soit à jeûn depuis 5h du matin et qu’il passera à l’IRM vers midi. Pauvre Bilal, te faire subir ça à 4mois. Je me demande si c’est vraiment intelligent, car ce qu’il vit et va vivre est suffisamment éprouvant, pas besoin qu’en plus il souffre de la faim. Mais bon, ce sont eux qui savent ce qu’il faut faire et je vais donc le faire, même si c’est difficil. Et se fut très difficile, mon ange urlait et ne comprennais pas pourquoi je ne le fesait pas manger, il a fini par s’endormir juste avant qu’on vienne le chercher. J’ai attendu plus d’une heure avant de revoir mon enfant. J’ai pu le faire manger, enfin. Il était mort de fatigue et s’est endormis dans mes bras.
3 jours plus tard, je passais mon bac blanc, et je dois avouer que je n’était pas en super forme et pas mal angoissée par ces fichus résultats pour Bilal. Puis encore 2 semaine plus tard, je recoit enfin ce coup de fil de l’hopital. « Allo? » «Mme Bousadra? » « Oui » « Bonjour, c’est Mme *****, c’est moi qui ai suivi votre fils à l’hopital pour une IRM. » « Oui, vous avez les résultats? » « Oui, bonne nouvelle, c’est congénital, mais on ne peut rien y faire! » « … bonne nouvelle? » « Oui bien sûr, ça signifie que c’est un problème interne à l’œil, que le cerveau ne court aucun risque. » « Parceque le cerveau courait un risque?! » « Oui nous craignions que se soit une tumeur qui se soit développée et que le cerveau soit affecté » « …..mais je ne le savait pas! »  « Nous avons préféré ne pas vous le dire car vous étiez déjà très chamboulée. ». Effectivement, vu sous cet angle là, c’était une bonne nouvelle! Au moins cela m’a permis de relativiser et de mieux accepter la « marque de fabrique » de Bilal (oui c’est comme ça que nous l’appelons maintenant! Je trouve que c’est mieux que de dire le problème ou la malformation….)
En tout cas Bilal a très bien compensé et il saisi maintenant tout et absolument tout ce qui est à sa portée, regarde attentivement tout ce qui l’entoure, il est très attentif. Cette « marque de fabrique » ne changera pas quoi que se soit pour son développement, à la limite il aura peut être un peu de retard pour la marche par exemple et il aura droit à de belles chutes ou portes dans la figure du fait qu’il ne voit pas en 3 dimensions mais il va arriver à compenser d’une manière ou d’une autre. Le seul point négatif c’est qu’il ne pourra pas faire carrière dans l’armée…..enfin quand je dit négatif…..
Tout ça pour dire que même avec quelques petits désagrément qui n’étaient pas prévus, être la maman de ce petit ange est la plus merveilleuse chose qui me soit arrivée, tout n’est que bonheur et joie. Je vis un rêve que rien ne peut venir entacher, le voir chaque matin me rempli d’une plénitude, c’est extraordinnaire. Je l’aime d’un amour dont je ne me croyait pas capable, c’est mon oxigène. Je suis immensément fière de lui. Et pour parfaire ce magnifique tableau, Fouad et moi avons décider de passer devant le maire dès que j’aurais mes 18 ans pour officialiser notre mariage (nous étions mariés au niveau de la religion mais ce n’est pas reconnu par l’Etat) avec en prime un joli voyage tout les trois!
PS: Je passe mon bac cette semaine, j’espère que je vais l’avoir, inch’allah. J’aurais les résultats fin juin….

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Créé le 23/01/2008
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