A la maison, c’est Système Débrouille.
J’ai eu le droit à une aide à domicile offert par la clinique. Elle a donc fait le ménage dans notre chambre mais je ne pouvais pas coucher mon petit ange, et je n’avais pas encore la nacelle.
J’ai donc mis une couverture dans une banette à linge et mon loulou a dormi comme un loir….
J’ai vécu une grossesse merveilleuse, j’ai suivi tous les cours de préparation à la naissance et pourtant, j’angoisse à l’idée de mettre au monde mon bébé. Mais en même temps, qui ne l’est pas ?
Vendredi 16 avril 2004 : je “squatte” mon lit très tard car je passe des nuits blanches, j’en profite donc pour récupérer le matin. Là, je m’aperçois que mon lit est mouillé…. hum…. bizarre ! Je m’en vais aux toilettes et découvre une substance brunâtre et gluante… J’appelle la clinique qui me dit que ça doit être le bouchon muqueux. Sans panique, je continue les travaux avec mon mari. Nous faisions l’enduit du couloir.
16h30, j’ai toujours cette substance qui coule. Je prends donc une petite douche et décide de partir tout de même à la clinique pour contrôler tout ça. J’y arrive pour 17h30. On me fait plusieurs examens et on me dit que je ne peux pas repartir car le travail a commencé et qu’il se pourrait que ce soit pour
la nuit. Là, mon cœur s’emballe. On me place dans la salle de pré travail, il est 23h. Les filles conseillent à mon mari de repartir car ce n’est pas pour tout de suite. J’entame une nuit horrible et pleines d’angoisses.
Samedi 17 avril 2004: 2h30 du matin, je ressens les premières contractions…. 6h30, elles sont de plus en plus violentes. Je prends un bain dans une baignoire spéciale pour les futures mamans pour me détendre.
7h00, ouf, mon homme me rejoint !7h30, me voilà en salle de travail. On place près de moi un petit berceau et j’imagine déjà que dans quelques heures, mon bébé sera dedans et que je vais être maman. J’avais la musique dans la salle et je faisais ma folle, je chantais, je dansais (entre deux contractions). Les filles étaient surprises de me voir ainsi.
12h00, Chantal, la sage femme me perce la poche des eaux. Je me retrouve avec tout ce liquide partout et j’en ai un bon paquet. La douleur devient de plus en plus intense mais je refuse toujours la péridurale.
15h30, je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse ressentir autant de douleur. A contre cœur, je demande la péri et j’en pleure. Je voulais tellement avoir le courage de mettre mon enfant au monde sans cette anesthésie…. Malheureusement, cette dernière n’a pas du tout fonctionné. J’ai su après que mon corps l’avait rejeté (comme quoi à la base je n’en voulais pas).
17h35, je suis à 9 cm de dilatation et je n’en peux plus. Je suis là depuis plus de 24h et je souffre, l’épuisement n’est pas loin. De plus, je n’ai pas eu le droit, ni de boire, ni de manger depuis
la veille. Mon mari a les larmes aux yeux de me voir souffrir ainsi et me dit qu’il aimerait prendre ma place. Je lui réponds que je ne lui souhaite pas de vivre ceci.
17h35, la sage femme me dit que le col est bien mûr et qu’elle me fera pousser dans 10 minutes. Elle appelle on gynécologue, le Dr Coudray qui par chance est de garde.
17h40, je bip Chantal car je sens le bébé qui descend et il faut que je pousse. J’ai mal aux fesses et j’ai la nausée. Chantal me dit que c’est normal.
17h45, me voilà parti pour une course contre la montre : je vais avoir mon bébé. Mon docteur arrive pour épauler Chantal. J’essaie de respirer comme on me l’a appris mais la douleur me surpasse et j’en perds mes moyens. Le temps passe et le bébé a du mal à sortir. Le docteur finit par me mettre la ventouse pour aider le petit à sortir. Un dernier souffle, un dernier cri et après 1/2 h d’effort, voilà enfin mon fils qui pointe le bout de son nez. J’imaginais cet instant depuis des mois…. Papa, prend son courage à deux mains et décide de couper le cordon ombilical.On me pose ce petit ange sur moi. Il relève la tête tout doucement en fronçant le front et me regarde. Je l’embrasse en lui disant “Bonjour mon amour, c’est maman”. Je suis étonnée de voir sa corpulence et surtout la taille de ses mains. On m’avait annoncé 3.800 kg mais en fait, il en faisait 4.100 kg et 51 cm. Dur, dur….
Ca y est, je suis maman ! Mon petit Lucas est avec nous. Pendant que les filles lui font les soins. Le docteur s’occupe de sortir mon placenta et de me recoudre. J’ai été légèrement déchirée. Mais, je serre les dents et n’ayant pas de péridurale, je sens la moindre piqure d’aiguille…..On me remet Lucas sur avec moi et j’oublie toutes ces douleurs. Il chercher mon sein et le trouve sans aucun problème. Quel merveilleux moment. Le papa est très ému et fatigué lui aussi d’avoir passer autant de temps à attendre et à me soutenir.
Aujourd’hui, Lucas a 4 ans. Je garde tout de même un mauvais souvenir de mon accouchement (ce qui m’a valu beaucoup de stresse pour la naissance de Nolan). J’ai fait un baby blues et j’ai longtemps fait des cauchemars en repensant à ceci. Mais, c’est la vie qui veut ça…..
Devenir maman est vraiment la plus belle chose au monde.
J’ai porté la vie pendant 9 mois et j’ai eu une grossesse vraiment génial. Pas de naussées, rien ! J’ai pris 18 kilos et à 5 mois de grossesse, tout le monde me disait “c’est pour la fin du mois ?” et quand je disais “non, pour avril” on me répondait “c’est des jumeaux alors ?” et……. non, pas un jumeau mais un beau petit garçon.



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